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La Confédération Paysanne a rencontré le Préfet sur la crise viticole

mardi 17 juillet 2012

Le 13 juillet 2012, Dominique Lebreton et Alain Gripon du Secrétariat Départemental de la Confédération Paysanne 44 ont présenté à M. De Lavernée, Préfet de Loire Atlantique et des Pays de Loire, la situation actuelle de la viticulture et l’ont interpelé sur les mesures à engager.

Les mesures à engager en priorité :

  • La prise en compte de la situation sociale des viticulteurs et de la « quasi faillite » de l’économie du vignoble,
  • La nécessite de mettre en place avec le négoce des contrats collectifs d’apport pluriannuels qui s’appuient sur les coûts de production de la viticulture,
  • La relance des marchés et la responsabilité de la coopération dans la valorisation des Muscadets.

Lors de cette rencontre avec Monsieur le Préfet, nous avons échangé sur ces mesures prioritaires à engager sans ignorer la nécessité d’adapter et de conforter la gouvernance de la filière viticole.

La Confédération Paysanne demande une implication forte des pouvoirs publics comme l’Etat le fait actuellement sur le devenir de la filière « volailles » suite au dépôt de bilan du groupe industriel « DOUX ».

L’évolution et la situation actuelle

Dans les années 1960, le vignoble Nantais comptait 8 à 9000 ha de Muscadet, soit environ 450 000 hl de production. Les autres surfaces étaient destinées au Gros Plant (800 ha) et aux vins de table (4 à 5000 ha). Depuis cette date, le Muscadet s’est développé pour atteindre 13 000 ha dans les années 90 avec une commercialisation annuelle de 700 000 hl. Depuis 2 ans, le vignoble a perdu 2 000 ha soit un peu plus de 9 000 ha de déclaration de récolte ce qui permet de rapprocher les volumes produits de ceux que le marché est capable de consommer. Toutefois si la demande en muscadet progresse, les cours restent très bas, loin du prix de revient.

Au 1er juillet 2012 (source SDAOC, syndicat de défense de l’appellation) :

  • Fin de campagne 2011 annoncée : 450 000 hl de sorties pour une récolte de 430 000 hl
  • Etat de stock estimé : 410 000 hl au 31 juillet 2012
  • Récolte prévisible : environ 300 000 hl + 35 000 hl de réserve qualité
  • Commercialisation projetée par les opérateurs : 460 000 hl

Cependant les cours restent très bas :

  • Muscadet AC : 60 € pour le millésime 2010 ; 65€ pour le millésime 2011, pour un coût de revient de 95-100 € l’hl (sur la base de 60 € l’hl)
  • Muscadet sur lie : 95 – 100 € pour un coût de revient 120 € l’hl sur la base de 50 hl

Depuis mars 2010, le groupe viticole réuni à l’initiative de la Confédération Paysanne travaille sur la crise du Muscadet qui menace l’économie du vignoble de quasi faillite. Si l’accès et le redressement du marché engagent la responsabilité de l’ensemble des acteurs de la filière, l’adaptation de l’offre au marché est de la responsabilité de la production et ne peut se faire uniquement dans le cadre de démarches volontaires. Suite à la proposition d’un projet global en juin 2010, nos travaux nous ont amenés à intervenir dans l’ensemble des réunions professionnelles sur nos propositions, à consulter les différents acteurs de la filière (banques, coopération, négoce, élus, administration,…) sur le diagnostic partagé et les urgences à conduire … Nous avons publié à deux reprises nos analyses et revendications dans Le Paysan Nantais :

Nous avons également organisé un colloque à Vallet le 21 Mars 2012 qui a rassemblé 80 personnes dont une soixantaine de viticulteurs

Les priorités à ce jour

1) Accompagner la situation sociale des viticulteurs et prise en compte de l’économie du Pays du vignoble

L’accélération des difficultés s’amplifie, la commission d’accompagnement des viticulteurs en situation précaire (BCAO) est de plus en plus sollicitée. La non reprise des cours, la situation préoccupante climatique et sanitaire des vignes amplifient le découragement des professionnels.

Cette situation précaire est aujourd’hui perceptible sur l’ensemble des emplois induits de la viticulture en amont et en aval de la production

2) Relation contractuelle avec le Négoce

Il est inadmissible que les représentants du négoce refusent de siéger à la commission paritaire qui fixe les orientations du marché à ce jour pour des questions indépendantes à la situation du Muscadet mais relative à la formalisation des contrats types pluriannuels.

Comme pour la production laitière, la viticulture doit s’engager sur une contractualisation pluriannuelle viticole des apporteurs vis-à-vis du négoce. Si nous nous réjouissons de l’engagement, certes tardif, du SDAOC dans cette démarche, la structuration collective doit s’appuyer sur une dynamique transversale territoriale des producteurs et non pas uniquement sur une organisation par vendangeoir. La profession doit se faire entendre par rapport à ses coûts de production et non pas subir toujours la pression des distributeurs. Nous demandons l’application de la loi de modernisation agricole d’où la nécessite de la pression publique pour que les coûts de production soient pris en compte dans la fixation des prix de marche.

3) Relance des marchés

Création d’organisations de producteurs (GIE, OP…) pour mieux gérer collectivement les marchés et soutenir les porteurs de projet.

Soutien et développement des investissements commerciaux par les opérateurs (négoce, coopération et vignerons) pour garantir une rémunération équitable de la production en fonction des niveaux de qualité.

Soutenir la démarche d’Interloire sur le redressement de l’image du Muscadet et la relance des marchés. Cependant nous nous interrogeons sur l’efficacité des messages génériques et demandons une communication professionnelle beaucoup plus ciblée sur les opérateurs de marché (brasserie, GMS, professionnels spécialisés, …) qui valorise les Muscadets et leurs investissements qualitatifs.

4) Incitation coopérative

La responsabilité de la coopération territoriale est de s’impliquer dans le soutien et le développement des productions locales. A ce jour, le groupe Terrena valorise plus de 5 % des volumes produits, nous soutenons sa démarche d’accompagner les projets de groupement de producteurs en émergence et de travailler sur la valorisation des terres délaissées suite à l’arrachage. Nous demandons que le groupe coopératif en lien avec Alliance Loire s’engage plus dans la valorisation des Muscadets. Si la faible part de la valorisation par la coopération est historique en Muscadet, en situation de crise voir de quasi faillite du vignoble, nous demandons que les pouvoirs publics incitent la coopération à augmenter ses parts de marchés.

5) Maintenir une cohérence de territoire : Gestion des espaces arrachés ou abandonnés

Inventaire des vignes arrachées ou délaissées voir intention d’arrachage dans chaque commune afin de pouvoir prendre en compte le parcellaire de chaque viticulteur, relocaliser les ilots viticoles en fonction de la nouvelle délimitation. Valorisation des parcelles arrachées en culture, élevage, boisement… ou accompagnement de projets d’installation ou de diversification de production

Face à cette situation de faillite, il est urgent que les pouvoirs publics interviennent sur l’encadrement du marché et à moyen terme soutiennent les démarches de relance de l’activité en exigeant transparence et négociation collective dans les pratiques commerciales. La viticulture ne se redressera pas sans une remise en cause de sa gouvernance globale où l’ensemble des sensibilités et des acteurs pourront s’exprimer.

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