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Les banques, les financements … Attention aux pièges quand on s’installe !

mercredi 19 février 2014, par animation53

Marc Besnier, paysan installé à Montflours depuis début 2011, témoigne au sujet des banques et des financements. Ce témoignage fait suite au café installation "Quels types de financements pour mon installation ? Quels sont les pièges à éviter ? " organisé par l’ADEARM en décembre.

« Au début, toutes les banques ont refusé de financer notre projet. C’était de la vente directe, en AB, on était plusieurs… bref, personne n’y croyait. Nous sommes directement allés voir le responsable des marchés agricoles du Crédit Mutuel (contacté par une salariée de l’ADASEA) et c’est lui qui nous a redirigé vers un directeur d’agence qui allait être à notre écoute et prendre notre projet au sérieux. Ce nouvel interlocuteur a soutenu notre projet jusqu’au bout même lorsqu’il a été soumis aux analystes (à la fin de la construction du projet avec la banque) et qu’il ne rentrait pas dans leurs cases. A ce moment là, le directeur d’agence est allé faire pression auprès du Crédit mutuel régional pour que notre dossier soit accepté.

L’anecdote , c’est que nous sommes allés au Crédit Agricole (par principe, mais sans vraiment y croire et sans vouloir être à cette banque) et qu’ils nous ont dit oui tout de suite, sans prendre la peine de bien étudier notre dossier ! MAIS le montant des cautions demandées était énorme…. alors attention quand on nous dit oui trop vite !

Négociations

Même si ça paraît difficile, il est important d’essayer de négocier son financement avec le banquier. Pour nous aider, on a été accompagnés en parallèle par l’AFOC pour construire notre plan de financement, ça nous a permis d’avoir des billes pour aller voir le banquier ensuite. On a tendance à dire oui à tout ce que nous propose le banquier pour qu’il accepte notre projet mais il faut faire attention à ne pas se faire avoir, ils ont des marges de manœuvre. Ne pas oublier qu’ils ont besoin de clients car ils cherchent des parts de marché et sont en concurrence avec les autres banques qui délivrent aussi des prêt JA.

Les arnaques

Même si nos banquiers ont l’air gentils et compréhensifs, ce sont avant tout des commerçants et il arrive parfois qu’ils nous vendent des choses dont on n’a pas besoin et qui ne nous arrangent pas. A mon avis, la plus grosse arnaque qu’on a essayé de nous vendre, c’est l’« assurance risque fiscal ». Il s’agit d’une assurance qui, en cas de décès d’un associé, prend en charge l’augmentation des impôts de la structure due à l’important produit exceptionnel (du fait d’un décès). Cette assurance peut être utile si on est au réel, MAIS elle est INUTILE si on est au forfait, et ça les banques ne nous le disent pas ! Alors attention car ils insistent.

Autre exemple  : nous avons acheté notre tracteur avec un « crédit bail ». Au début, cela semblait bien, tu payes ton tracteur tous les mois (comme un loyer) jusqu’à temps que tu ais remboursé la totalité du montant du crédit. MAIS durant tout ce temps, tu n’es pas propriétaire de ton tracteur et en plus tu finis par le payer plus cher car le taux des intérêts de ce crédit est élevé. Leur argument de vente est qu’il y a moins de caution que pour d’autres prêt.

Les cautions

Les cautions sont des moyens de pression qu’utilisent les banques auprès les porteurs de projets et les jeunes installés. Car ils savent très bien que pour nous, c’est difficile de trouver des cautionneurs. Un conseil, quand on signe une caution, cela peut paraître tout bête mais il faut bien vérifier le montant et la durée de la caution car il peut y avoir des mauvaises surprises. Il est important de lire TOUT le contrat de caution, même les petites lignes et aussi de faire attention à la durée maximum de la caution.

Coup de gueule  : Jusqu’où tu cautionnes les cautions ! Aujourd’hui, l’État renfloue les banques pour les sauver mais par contre, quand un paysan n’y arrive pas se sont les cautionneurs qui payent. C’est injuste ! Demander autant de cautions aux porteurs de projet freine l’installation de beaucoup d’entre nous.

Prêt JA ou pas ?

Notre banquier nous a conseillé de ne pas demander tout le prêt JA auquel on pouvait prétendre. Cela nous permet de pouvoir acheter du matériel d’occasion (c’est interdit avec le prêt JA) et d’avoir moins de contrôles sur ce que le prêt nous finance. Cela peut valoir le coût si les taux des autres prêts proposés sont équivalents au prêt JA, ce qui était notre cas, le prêt JA avait un taux de 2,5% et on nous en a proposé un avec un taux de 2,5 à 3%.

Trésorerie

Attention, il faut voir large sur la trésorerie pour la 1ère année. Nous, on avait prévu 20000€ de trésorerie et on en a utilisé 40000. On n’a pas été dans le rouge grâce aux aides à l’installation en Bio de la Région mais ce n’était pas prévu. Pour anticiper, le mieux être d’être au plus juste dans ses calculs mais de prévoir une marge de sécurité car sinon, on paye des intérêts avec des taux bien plus élevés (10-15%). Bien sur, ça dépend aussi de notre capacité d’emprunt.

Un truc chouette qui existe !

Le FONDES (Fond de développement solidaire), il s’agit de fonds publics gérés en Région, ils font des prêts à taux 0 et peuvent être cautionneurs pour un certain montant. Chez nous, ils sont cautionneurs de 25000€. Les démarches ne sont pas trop compliquées, il faut fournir les mêmes études économiques que pour la CDOA.

Une idée à creuser

Il faudrait une structure similaire à Terre de liens mais pour financer l’outil de travail et le matériel agricole (Terre de liens investi dans le foncier et les bâtiments). Cela éviterait aux jeunes paysans d’avoir tout à porter tout seul, ce qui fragilise beaucoup la structure au début, et ne facilite pas la transmission. »

Marc BESNIER, jeune paysan

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